Allauch, village perché entre Marseille et le Garlaban
Allauch se voit de loin. Perché sur les hauteurs au nord-est de Marseille, ce village de 21 000 habitants domine la plaine avec son clocher, ses moulins restaurés et ses ruelles en pente qui grimpent vers les collines. De la terrasse d'un jardin allaudien, on aperçoit Marseille, la mer, les îles du Frioul par temps clair. Ce cadre exceptionnel attire des familles qui cherchent le calme du village tout en restant à vingt minutes du centre-ville. Et qui dit maison à Allauch dit jardin à entretenir.
J'interviens à Allauch depuis le début de mon activité. Le village et ses alentours concentrent des jardins qui sortent de l'ordinaire : des terrains en pente, des restanques en pierre sèche qu'il faut préserver, des pinèdes qui descendent jusqu'aux clôtures, des oliviers centenaires qu'on ne taille pas comme des arbustes du commerce. Travailler à Allauch, c'est s'adapter en permanence à un relief qui ne pardonne pas l'approximation.
Des terrains en pente qui changent tout
La géographie d'Allauch impose ses contraintes. La plupart des jardins sont en pente, parfois forte. Les restanques, ces murs de pierre sèche qui retiennent la terre en terrasses successives, sont omniprésentes. Elles donnent du cachet aux propriétés mais compliquent chaque intervention : on ne passe pas une tondeuse autoportée sur une restanque de 3 mètres de large, on ne descend pas un broyeur de branches sur un escalier en pierre. Chaque chantier demande une logistique adaptée, du matériel portatif et une bonne connaissance du terrain.
Les restanques elles-mêmes demandent un entretien spécifique. La végétation s'installe dans les joints des pierres, les racines déstabilisent les murs, les lierres grimpants finissent par les recouvrir entièrement si on ne les contrôle pas. On nettoie régulièrement ces murs pour éviter qu'ils ne se dégradent, en retirant les plantes envahissantes sans fragiliser la maçonnerie à sec.
Pinèdes et garrigues aux portes du village
Allauch est cernée par la nature. Au sud et à l'est, les collines du Garlaban, chères à Marcel Pagnol, montent jusqu'à 700 mètres. Au nord, le massif de l'Etoile ferme l'horizon. Entre les deux, des kilomètres de pinèdes, de garrigues et de chênaies qui font le bonheur des randonneurs et le souci des propriétaires. Les quartiers d'Enco de Botte et du Pilon du Roi sont en pleine zone d'interface entre l'habitat et la forêt. Le risque incendie y est classé très élevé, et l'Obligation Légale de Débroussaillement s'applique à la quasi-totalité des propriétés.
Les contrôles sont réguliers à Allauch. La commune est proactive sur le sujet, avec des campagnes d'information et des vérifications terrain chaque printemps. Un jardin non débroussaillé, c'est une amende qui peut atteindre 1 500 euros et, surtout, un danger réel pour l'habitation et le voisinage en cas de feu de forêt.
Un climat un peu plus frais que le littoral
L'altitude d'Allauch (environ 200 mètres pour le village, davantage pour les quartiers hauts) crée un microclimat légèrement différent de celui de Marseille. Les matinées sont plus fraîches au printemps et en automne, les gelées hivernales sont plus fréquentes et plus marquées. Ce décalage de quelques degrés a un impact concret sur les végétaux : certaines plantes gélives qui survivent dans les jardins marseillais souffrent ici, les floraisons printanières arrivent avec une à deux semaines de retard, et la pousse du gazon redémarre plus tard au printemps.
On adapte nos conseils et nos interventions à cette réalité. Les essences qu'on recommande aux propriétaires allaudiens sont celles qui supportent à la fois la sécheresse estivale et les gelées hivernales : oliviers, amandiers, lauriers-tin, romarins, cistes, lavandes. Ces plantes forment l'ossature des jardins provençaux de colline et demandent peu d'eau une fois bien installées.
La tradition oléicole d'Allauch
Allauch a une longue histoire avec l'olivier. Les vieux arbres qu'on retrouve dans les jardins du village ne sont pas décoratifs : ce sont les descendants des oliveraies qui couvraient les collines il y a un siècle. Certains propriétaires continuent à récolter leurs olives chaque automne et les portent au moulin. L'élagage de ces oliviers se fait selon les règles de la taille provençale : tous les deux à trois ans, en fin d'hiver, avec une ouverture du centre de l'arbre pour laisser passer la lumière et l'air. On ne taille jamais un olivier comme un arbre d'ornement, c'est un savoir-faire à part entière.